La discipline positive: fermeté et bienveillance

La discipline positive implique fermeté et bienveillance et c’est ce que je voulais illustrer dans cette vidéo.

Voici quelques explications complémentaires illustrées de la métaphore de l’enfant qui voulait aider le papillon à s’extraire de sa chrysalide.

La fondation de la discipline positive est d’être à la fois ferme et bienveillant. Certains parents sont bienveillants, mais pas fermes.

D’autres sont fermes, mais pas bienveillants.

Beaucoup de parents oscillent entre les deux.

La discipline positive ni laxisme ni autoritarisme

 

Certains sont trop bienveillants jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus supporter leur enfant qui finit par croire qu’il a tous les droits. Rendu à ce point, ce n’est plus de la bienveillance, mais du laxisme qui est néfaste pour le parent comme pour l’enfant.

L’autre attitude étant d’être trop ferme jusqu’à se sentir un tyran et ne plus pouvoir se supporter en tant que parent.

 

On est alors plus dans la fermeté et on tombe dans l’autoritarisme.

Or bien souvent les opposés s’attirent : un parent est bienveillant quand l’autre et ferme.

C’est intéressant de remarquer comment deux personnes avec des philosophies opposées au sujet de la bienveillance et de la fermeté finissent par se marier.

L’un des parents à une tendance à être juste un peu trop indulgent quand l’autre a une tendance à être juste un peu trop stricte.

Puis le parent indulgent pense qu’il a besoin d’être plus indulgent pour compenser l’autoritarisme du parent strict.

De son côté, le parent strict pense qu’il besoin d’être plus strict pour compenser le parent indulgent de sorte qu’ils finissent par s’éloigner de plus en plus et se battre pour savoir qui a raison et qui a tort.

La discipline positive c’est être ferme ET bienveillant.

En vérité, ils ont tous les deux tort la discipline positive (dont la psychologue Jane Nelsen est l’une des inspiratrices) nous enseigne que la meilleure voie consiste à être bienveillant et ferme en même temps.

karate-kid-fermeté-et-bienveillance

Rassembler la bienveillance et la fermeté ensemble se présente comme un challenge pour les parents qui ont l’habitude d’évoluer dans un extrême ou dans l’autre.

La difficulté réside dans le fait d’être bienveillant et ferme dans une même phrase.

Voici quelques exemples dans lesquels on montre l’expression de la bienveillance : –je sais que vous avez envie de continuer à jouer, mais il est l’heure de faire les devoirs.

–Je sais que vous ne voulez pas vous brosser les dents, mais c’est l’heure et on va le faire ensemble.

Qui se fera le plus de mousse sur les dents ? (Sur le ton de l’humour) L’humour est un des outils de la discipline positive.

Voir aussi 7 astuces de discipline positive.

Je comprends que tu ne veuilles pas aller au lit pourtant c’est l’heure d’aller dormir tu préfères avoir une ou deux histoires après avoir mis ton pyjama ? (Ici on laisse un peu d’air dans l’autonomie de l’enfant en lui offrant un choix acceptable pour nous.)

Je sais que tu aimerais continuer à regarder la télé, pourtant le temps est terminé tu préfères l’éteindre maintenant toi-même ou c’est moi qui le fait ?

La discipline positive implique d’être ferme et bienveillant.

Parce que le fait de préserver la santé physique et mentale de ses enfants est bienveillant, mais évidemment, ce n’est pas toujours agréable au premier abord pour l’enfant.

Pour autant si nous expliquons le pourquoi de nos décisions l’enfant sera toujours en mesure de les comprendre et de les accepter tant que les demandes sont faites avec une voix bienveillante, mais ferme si nécessaire.

La discipline positive laisse l’enfant expérimenter les obstacles.

D’ailleurs vouloir s’assurer à tout prix que ces enfants ne souffrent jamais est une erreur au nom de la bienveillance.

Je pense à cette métaphore du petit garçon et du papillon qui permet de comprendre comment essayer de protéger l’enfant de toute souffrance lui crée de la faiblesse et un manque d’autonomie.

Un petit garçon se sent désolé pour un papillon qui lutte pour sortir de sa chrysalide. Il décide donc d’aider le papillon à sortir de son cocon pour lui éviter de lutter.

L’enfant délivre le papillon de son cocon, tout excité de voir ce papillon s’envoler.

Puis le petit enfant est horrifié à l’idée de voir le papillon s’écraser au sol et mourir parce qu’il n’avait pas les muscles suffisamment développés pour continuer à voler.

Comme ce petit garçon, les parents veulent trop souvent, au nom de la bienveillance, au nom de l’amour protéger leurs enfants de toute lutte.

Ils ne réalisent pas que leur enfant a besoin de franchir des obstacles, a besoin de lutter, a besoin de tomber, a besoin de se relever, de supporter les déceptions, de résoudre par lui-même des problèmes.

Ainsi il peut développer sa capacité à gérer ses émotions et à développer des compétences nécessaires pour des luttes plus grandes qu’il rencontrera dans sa vie.

Évidemment il est important que les parents ne fassent pas souffrir leur enfant, mais parfois ils doivent permettre à l’enfant d’affronter des déceptions et de les soutenir pour les supporter.

Prenons par exemple un enfant qui souffrirait parce qu’il ne peut pas obtenir le jeu qu’il veut.

Permettre à l’enfant de vivre une frustration permet à cet enfant de développer sa capacité de résilience. L’enfant doit comprendre qu’il va survivre à la déception.

L’enfant apprend qu’il peut résister au bonheur comme aux déceptions.

La meilleure façon pour nous de le soutenir dans ces étapes est très certainement de l’aider à valider ses sentiments et à nommer ses émotions, mais en évitant d’interpréter à sa place ou de lui empêcher de les vivre.

Il est contre-productif de juger, blâmer ou humilier son enfant ou de l’empêcher d’être triste en lui disant par exemple “arrête de pleurer et d’agir comme un enfant gâté” ou encore “Tu n’es pas un bébé”.

Inutile de lui dire non plus que quand vous étiez petit vous n’étiez pas comme ça.

À la place les parents peuvent offrir un soutien bienveillant en disant par exemple je vois que tu es en colère c’est vrai que c’est décevant quand on n’a pas ce que l’on veut.

Les fausses routes vers la discipline positive

Le parrain bienveillant n’interprète pas, il ne blâme pas, il permet à l’enfant d’affronter les épreuves de la vie lui apportant tout son soutien.

La bienveillance sans la fermeté c’est du laxisme. L’erreur commune quand on commence la discipline positive c’est de tomber du côté du laxisme.

Les débutants en discipline positive sont à juste titre contre les punitions, mais ne réalisent pas que la fermeté est nécessaire pour éviter la permissivité.

Le laxisme n’est pas sain pour un enfant parce qu’il va finir par croire que l’amour signifie que les autres doivent lui donner tout ce qu’il veut.

Le parent bienveillant croit dans les capacités de son enfant d’apprendre et de grandir à travers des obstacles tout en leur apportant tout son soutien.

La discipline positive permet à notre enfant à travers l’expression de la bienveillance et de la fermeté de développer ses ailes.

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Jean-Philippe GEFFRIAUD
Jean-Philippe Geffriaud, professeur des écoles et papa de deux enfants de 10 ans et 5 ans, partage ses réflexions et ses conseils en parentalité positive sur le blog actimomes.com

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