Loi Schiappa sur l éducation à la sexualité : la vérité dans les écoles primaires et maternelles

DE l'éducation sexuelle à l'école maternelle : la loi Schiappa

Est-ce que les élèves recevront des cours d’éducation sexuelle à la maternelle ou au primaire ?

Cette question inquiète beaucoup les parents depuis le bad buzz qui a commencé le 3 août 2018.

marlène shiappa loi sur l'égalité femme hommes

L’origine de l’inquiétude des parents au sujet de l’éducation sexuelle à l’école.

(Transcription de la vidéo si vous êtes pressé)

En effet depuis le 3 août 2018, Madame Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes a fait adopter une loi renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes avec des mesures allant dans le sens de plus de répression et une protection accrue des mineures, mais là n’est pas le sujet de cet article.

Ce qui est certain, c’est que cette loi ne contient pas de mesures concernant des classes d’éducation sexuelle contrairement aux Fake News qui font le buzz sur la toile ça et là.

L’article 10 de cette loi du 3 août 2018 rend seulement obligatoire d’instaurer, dans le code de l’Éducation nationale, une obligation de sensibilisation des personnels enseignants aux violences sexistes et sexuelles et à la formation au respect du non-consentement.

Quel est l’esprit de cette volonté de sensibilisation ?

La volonté de protéger les femmes et de réaffirmer l’égalité entre les droits des filles et des garçons.

Rien de bien nouveau dans cette assertion légitime.

En effet, dès la maternelle, on explique notamment s’il y a lieu, que les organes génitaux sont personnels et n’appartiennent qu’à l’enfant( et tout son corps bien entendu). Et bien sûr, si discussion de ce type il y a, les parents sont évidemment avertis.

Les programmes de 2015 rappelaient déjà aussi, la nécessité d’assurer l’égalité entre les filles et les garçons.

Le président Emmanuel Macron a ensuite déclaré grande cause nationale la lutte contre l’inégalité entre les filles et les garçons le 25 novembre 2017.

Rien de nouveau à ce jour dans les programmes de l’éducation nationale même si, Madame Marlène Schiappa, secrétaire d’état chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes a annoncé le 18 juillet sur RMC qu’une nouvelle circulaire allait être envoyée à la rentrée stipulant que je cite «à tous les recteurs de France pour qu’ils mettent en œuvre une loi qui existe déjà, mais qui n’est pas mise en œuvre, qui demande qu’il y ait trois séances d’éducation à la vie affective et sexuelle faites par an, par des associations qui ont des agréments».

Cette déclaration voulait simplement rappeler le fait que les enseignants ont l’obligation d’appliquer les programmes.

Qu’est ce que ça veut dire ces trois séances d’éducation affective et sexuelle ?

Doit-on penser que les élèves de 4 à 11 ans recevront des cours d’éducation sexuels au sens qui “affolent les parents ?”

Bien sûr que non !

Néanmoins, on est libre de penser que certaines parties du texte ont été écrites avec un manque d’anticipation des réactions des parents et de certains professionnels de santé qui ont pensé déceler un grave danger au sein de l’éducation nationale.

En effet on peut lire dans cet extrait du document stratégie nationale santé du site solidarité santé.gouv certaines phrases qui pourront être mal interprétées:

Déployer l’éducation à la sexualité au sein du Parcours éducatif de santé (3) à tous les niveaux scolaires, de la maternelle au lycée. L’éducation à la sexualité se développe à travers tous les enseignements, en particulier celui de biologie, et la vie scolaire.

Désormais intégrée dans les objectifs prioritaires du parcours éducatif de santé mis en place par l’Éducation nationale, l’éducation à la sexualité doit poursuivre son déploiement pour une mise en œuvre effective dans l’ensemble des établissements scolaires et les résultats de ce programme doivent être évalués au regard de ses objectifs .

Mais apprend-on les mêmes contenus selon les mêmes angles d’approches de la maternelle au lycée ?

Évidemment NON ! Les programmes sont d’ailleurs très différents si on prend le temps de les lire.

La vérité sur les programmes d’éducation à la sexualité dans les écoles et dans les textes.

Voici un extrait du Programme Sciences et Technologie Cycle 3 d’Eduscol

Le titre du domaine

“Décrire comment les êtres vivants se développent et deviennent aptes à se reproduire” 

Le contenu du programme sur la reproduction

-Identifier et caractériser les modifications subies par un organisme vivant (naissance, croissance, capacité à se reproduire, vieillissement, mort) au cours de sa vie. »

Modifications de l’organisation et du fonctionnement d’une plante ou d’un animal au cours du temps, en lien avec sa nutrition et sa reproduction.» Différences morphologiques homme, femme, garçon, fille. »

Stades de développement (graines-germination-fleur-pollinisation, œuf/larve/adulte, œuf -fœtus-bébé jeune-adulte).

Décrire et identifier les changements du corps au moment de la puberté. » Modifications morphologiques, comportementales et physiologiques lors de la puberté. »

Rôle respectif des deux sexes dans la reproduction.

On comprend bien dans ce programme que la reproduction humaine est mise en perspective avec celle des animaux et des plantes dans un premier temps . C’est d’ailleurs via l’étude de la reproduction animale (sans images qui pourraient choquer) que les enfants comprennent la nécessité d’avoir deux individus de sexes différents.

En cycle 3, il est abordé la reproduction humaine et la puberté, car à cet âge (  vers 10-12 ans) les changements du corps commencent à intervenir et suscitent des questions.

C’est pour cela que de nombreux enseignants souhaitent être accompagnés par des professionnels de santé qui sauront répondre avec le confort de la distance.

Ces 3 séances sont le plus souvent organisées en groupes séparés garçons/filles pour éviter les indiscrétions, les peurs d’être jugé et de ne répondre qu’aux questions que les enfants se posent réellement en fonction de leur sexe.

En effet il est préférable qu’à cet âge, les enfants aient des images transmises par des professionnels de santé plutôt que par les adolescents plus âgés qui seraient susceptibles de faire passer des informations erronées à ce sujet.

Comment ces programmes “d’éducation à la sexualité” sont-ils enseignés ?

Voici quelques indications fournies par les programmes:

Pratique d’élevages, de cultures, réalisation de
mesures. Cette étude est aussi menée dans l’espèce
humaine et permet d’aborder la puberté. Il ne
s’agit pas d’étudier les phénomènes
physiologiques détaillés ou le contrôle
hormonal lors de la puberté, mais bien
d’identifier les caractéristiques de la puberté
pour la situer en tant qu’étape de la vie d’un
être humain.
Des partenaires dans le domaine de la santé
sont à envisager.

Voici une capture d’écran du document cité pour le cycle 3:

https://actimomes.com/loi-schiappa-l-education-a-sexualite-verite-ecoles/

Est-ce qu’on donne des cours de sexualité à la maternelle ?

La réponse est évidemment, non. Pour vous en convaincre, rien de mieux que de partir à nouveau de la source de tout enseignement pour un professeur: les programmes que vous pouvez lire intégralement ici, mais dont je vous donne le paragraphe qui parle de la découverte du vivant.

Découvrir le monde vivant

L’enseignant conduit les enfants à observer les différentes manifestations de la vie animale et végétale. Ils découvrent le cycle que constituent la naissance, la croissance, la reproduction, le vieillissement, la mort en assurant les soins nécessaires aux élevages et aux plantations dans la classe. Ils identifient, nomment ou regroupent des animaux en fonction de leurs caractéristiques (poils, plumes, écailles…), de leurs modes de déplacements (marche, reptation, vol, nage…), de leurs milieux de vie, etc.

À travers les activités physiques vécues à l’école, les enfants apprennent à mieux connaître et maîtriser leur corps. Ils comprennent qu’il leur appartient, qu’ils doivent en prendre soin pour se maintenir en forme et favoriser leur bien-être. Ils apprennent à identifier, désigner et nommer les différentes parties du corps. Cette éducation à la santé vise l’acquisition de premiers savoirs et savoir-faire relatifs à une hygiène de vie saine.

Voilà en ce qui pourrait toucher de près ou de loin cette loi Schiappa. Voyez et jugez par vous-même quelles sont les seules directives que doivent suivre les professeurs des écoles en maternelle et au primaire.

Donc parents , il est légitime que vous vous posiez des questions en raison de ce chahut médiatique de la “fake news”  néanmoins, soyez rassurés, les profs ont des enfants comme vous et sont tenus de respecter les programmes que je viens de citer. Il est bon de rappeler qu’il vaut mieux retourner à la source de l’information et en cas d’inquiétude de communiquer avec les professeurs.

Avant de partir, vous êtes libre de vous abonner à ma chaîne Youtube et  en  complément vous êtes libre de télécharger mon guide du parent bienveillant et efficace. 

 

N’hésitez pas à partager cet article si vous pensez qu’il pourrait intéresser d’autres parents inquiets ou mal informés.

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Jean-Philippe GEFFRIAUD
Jean-Philippe Geffriaud, professeur des écoles et papa de deux enfants de 10 ans et 5 ans, partage ses réflexions et ses conseils en parentalité positive sur le blog actimomes.com

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